L'arbre de vie

"Au coin du diable" présente du 12 novembre au 08 décembre 2018

"l'Arbre de Vie"

 de Ian Dykmans 

 

 L'arbre fait partie de mon album de famille, il me console et me guide. Un peu comme mon ancêtre, il m'autorise à lui grimper dessus. Du haut de son dos, je ne me lasse pas de contempler la lumière tout autour. Il m'arrive aussi de m'endormir à ses pieds et de m'étonner au réveil de ne pas avoir pris froid. Au fil des saisons. Il m'apprend à être, à ne pas faire dans l'espoir de devenir… à rouler avec un vélo sans vitesses, prendre le temps pour mes enfants, continuer à photographier avec mon rolleiflex. Faire revivre ces instants que je valorise et qui me font grandir. La plupart des photographies présentées dans cette vitrine sont prises avec des appareils photos argentiques assez anciens, datant de l'époque ou j'étais enfant, voir même, quand mes parents étaient petits. Ils offrent une douceur et une finesse que nos contemporains ont oubliés. Les négatifs sont développés sans agitation (stand développement) au TW photoclub, chambre noire collective à Forest. Les épreuves se couchent sur des papiers qui portent déjà leurs histoires. Périmés, déclassés du commerce depuis des décennies, aux textures et aux tonalités innombrables, je les récupère au Jeu de Balle ou via des amis… S'entassant dans mes armoires, chaque papier attend la rencontre avec le négatif qui le révélera dans toute sa splendeur. Finalement, chaque tirage lith présenté ici, au Coin du Diable, est unique. L'image apparaît par un développement dit "infectieux" ou les points noirs se développent de manière exponentielle, avec une oxydation et détérioration du produit à chaque passage. Reproduire un tirage à l'identique serait fastidieux et relativement insipide. 

"Au coin du diable" -  Rue de la Poudrière 48, 1000 Bruxelles 

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Il existe, au cœur de Bruxelles, un quartier connu sous le nom de « Coin du Diable », mais peu de Bruxellois s’en souviennent et moins nombreux encore sont ceux qui sont aujourd’hui capables de le situer. Ce lieu-dit était limité précisément, à l’origine, à un tronçon de la rue Van den branden : « Cette rue morne et délabrée, mais assez longue (250 m), commence à la rue du Pène, traverse la rue du Houblon et aboutit à la rue Notre-Dame-du-Sommeil, 71. Elle fut tracée vers 1855 sur les terres marécageuses d’un sieur Van den Branden. Des créations d’égouts la rendirent habitable. A l’origine, elle s’arrêtait dans les champs, à quelque 80 m de la rue Notre-Dame du Sommeil, non loin de la longue impasse du Coin du Diable, très mal famée. En 1873, son extrémité fut reliée par deux coudes au fond de l’impasse du Coin du Diable, à la suite de démarches de la famille Van den Branden, et la vieille impasse perdit son nom pittoresque pour devenir « rallonge » de la rue Van den Branden. » Au 20ème siècle, le nom de « Coin du Diable » fut également appliqué à la rue Notre-Dame-du-Sommeil : « Près de la porte de Ninove, une longue rue irrégulière joint le boulevard Barthélémy à la rue des Chartreux. C’est la très vieille artère de Notre-Dame-du- Sommeil, onze Léverâ van Voekstroêt, comme l’appellent certains, Den Deuvelshoek (le Coin du Diable), comme disent presque tous les habitants de ce curieux quartier. » Au tout début des années 1950, le « Coin du Diable » connaît des travaux d’assainissement et nombre d’habitants ont d’ores et déjà quitté le quartier. Quant à ceux qui y vivaient encore, ils attendirent jusqu’à la fin, avec la résignation des humbles, la disparition complète de leur quartier et de sa mémoire elle-même. Le « Coin du Diable » et, plus généralement, ce que l’on appelle couramment à Bruxelles le « quartier du canal », n’en fut pas revitalisé pour autant. La population changea, mais le quartier n’en garda pas moins une réputation non-galvaudée de quartier paupérisé. Il existe toutefois aujourd’hui une volonté régionale d’assainir réellement et de réaménager, d’un point de vue immobilier, ce quartier encore partiellement délabré. 

 Johan et Rebecca